The Cookie Therapy
Belgian fine accessories
Un peu d'astuce, d'espièglerie, c'est la Cookie Therapy
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Vis ma vie de jury !
Comme vous l’aurez compris grâce à cette subtile référence à Laurence Ferrari, j’ai fait partie la semaine dernière du jury pour les collections de fin d’étude de H.E.F.F (Haute École Francisco Ferrer de Bruxelles). Voilà une bonne occasion de revenir 5 ans après dans l’école qui m’a appris les bases du métier (et aussi à travailler 36 heures d’affilée presque sans pleurer. Ce super pouvoir m’a beaucoup servi par la suite).
Mardi, 09h00. En traversant le couloir dans lequel les élèves mettent la touche finale à leur travail, le goût du stress et de l’excitation me revient directement à la bouche.
Flashback (illustré d’une photo d’époque. Soyez indulgents, ça date!). Me revoilà en juin 2005, à ce moment précis où l’on a 15 minutes pour présenter, détailler, expliquer et vendre devant un parterre d’inconnus sa collection, résultat d’un an de travail, de pression et de grands moments de solitude (sympa, la couturière a mangé son spagh’ bolo sur ma jupe en mousseline à 82 euros le mètre).

Quelques photos d’un imprimé fait maison, motif gélule-bonbon… ou les prémisses de The Cookie Therapy.
Et oui… il faut combiner plusieurs métiers pour arriver au bout de cette épreuve ultime. En dehors des capacités en dessin, patronage, modélisme, couture, peinture, marketing, gestionnaire d’agenda et de bookeuse de mannequins, le défilé demande également de pouvoir gérer les aléas du direct, comme par exemple finir une robe à l’agrafeuse, devoir réparer ce sac qui avait pris 75 heures de travail et sur lequel un maquilleur s’est assis, ou ranimer le mannequin qui visiblement supporte mal d’avoir les bras attachés, des talons de 12 et un corset taille 14 ans.
Bref, tout ça pour dire qu’en m’asseyant derrière la table du jury, j’étais pleine d’empathie pour les élèves prêts à se faire manger tout cru et très excitée de découvrir leurs collections.
Nous démarrons les présentations. Entourées d’illustres habitués du monde de la mode (l’ex bras droit de Sonia Rykiel, la créatrice de Rue Princesse, et bien d’autres), je retrouve les habitués de la Rue des Chartreux (Aurore Brun et Monsieur Mademoiselle), ainsi que de vieux camarades de classe qui font aujourd’hui des flammes dans les meilleures boîtes de mode bruxelloises. On peut commencer…
Près de 30 élèves présentent leur collection, et la journée est ponctuée de bonnes et de moins bonnes surprises. Je m’attarderai uniquement sur les collections qui m’ont le plus inspirée.
Voici donc un petit coup d’œil sur mes coups de cœur :
1. Une fois n’est pas coutume, commençons par la gent masculine, mise à l’honneur par Aude Claessens. Cette collection, sobre d’apparence, m’a vraiment tapé dans l’œil, surtout dès que je l’ai vue de plus près (excusez la petite définition des photos, il faudra venir au défilé pour apprécier les détails).
Le thème (honteusement raccourci), c’est le mélange entre les tenues de travail des ouvriers et celles des business men en costume 3 pièces. On sent que le travail de recherche a été approfondi, et la capacité de ré-interprétation et de détournement est bien là. Coupes nickel chrome, matières élégantes et viriles, coloris actuels et détails ultra créatifs, Aude nous présente une collection quasiment prête pour la vente.

Une chose est sûre, elle m’a donné envie de dégainer la carte et de lui acheter quelques pièces directement, notamment la chemise avec cravate intégrée.
En résumé, Aude a réussi à créer une collection accessible en terme de design, portable (ce qui est un mot sensible dans la mode masculine), urbaine avec des accents franchement street, mais à sortir aussi pour aller au bureau. Je verrais d’ailleurs bien ces modèles, légèrement modifiés, dans les collections casual luxe de Diesel Black Gold. Et j’attends impatiemment la version féminine de la collection (et le détournement du tablier de femme de ménage, why not ?).

2. J’enchaîne avec Benoît Rafhay, dont je n’ai pas vu la collection en live, mais dont on m’a beaucoup parlé. En effet, j’ai rencontré Benoît lors d’un jury accessoires, et son travail m’avait plu. Ici pas de blabla donc, je découvrirai le thème et l’entièreté de la collection au défilé.


Benoît est l’un des seuls élèves à s’être donné sur l’accessoire (ce mystère reste encore à élucider. Réveillez-vous les enfants, ce ne sont plus les vêtements qui font vivre les maisons de couture). Les silhouettes sont équilibrées et je suis impatiente de découvrir ses parures pour cheveux, qui ont l’air à tomber.
3. Enfin, mon coup de cœur total et intersidéral va à Laura Dalla Palma.
A la lecture de son thème de collection, Chasse et Pêche, j’avais déjà le sourire aux lèvres en pensant à ces fins de soirée surréalistes devant cette émission culte. Mais quand les 5 mannequins ont débarqué en file, j’en ai eu des palpitations et la bouche ouverte de stupéfaction.

Excusez les photos prises sur le fond semi pourri, tout le monde n’hérite pas d’un podium posé aux Tuileries pour sa première collection
A la manière d’un parfum, cette collection m’a provoqué un coup de foudre dès la première seconde, et qui a duré plusieurs jours.
Notes de tête: ce qui saute aux yeux dès la première seconde, c’est la cohérence des 5 silhouettes et la beauté de la gamme de couleurs. Corail, nuage, taupe, doré sont représentés en fausse fourrure, en cuir, en paillettes… tout s’accorde à la perfection. Sobre mais avec des touches de bling, ultra féminin sans être cucul, tendance sans être dénué de personnalité, sexy sans être pouffe. Les coupes sont belles et mettent en valeur le corps. Laura a tout compris.


Notes de coeur: Avec les commentaires de Laura, on entre dans une dimension plus profonde de son travail. Le thème Chasse et Pêche est glamourisé à l’infini et les silhouettes plaisent encore plus une fois les explications données. On retrouve les écailles et les branchies des poissons, les pantalons de pêcheur, les tenues de chasse sous forme de délicats détails, et de clins d’œil spirituels. Niveau accessoires, juste ce qu’il faut: superbes chaussures taillées par la styliste elle-même, et pochettes minimalistes.

La robe “nasse”, avec la jupe pailletée en dessous, une des plus belles silhouettes.
Notes de fond:
C’est quand on se rapproche de tout près qu’on est littéralement et définitivement emballé. Laura transforme les zips en épaulette over stylées, un tissus à paillettes qui aurait pu sembler cheap en un sublime pantalon, du filet de pêche en robe branchée, un simple ruban en manteau de fourrure ultra doux. C’est une magicienne.
Epaulettes bling en zip

Dos de chemisier raffiné en écailles nacrées

Manteau en maille graphique et ultra doux

Intérieur de poches en écailles dépassant d’un pantalon de pêche
Cette collection était tout simplement renversante, et vraiment très aboutie pour un travail réalisé par une étudiante. Chapeau Laura !
Les collections d’Aude, de Benoît et de Laura vont défiler ce soir lors du FF Fashion Show. Je croise les doigts pour qu’ils remportent un prix.
Françoise
PS: Compte-rendu du défilé en photos dans quelques jours !
FF Show, le 16 juin 2011 à 19h30. Brussels Event Brewery – 58, Rue Delaunoy à 1080 Bruxelles